Anamnèse
En octobre 2009, une patiente de 92 ans, résidant alors en France, sans antécédents familiaux ou personnels intéressants, a présenté une perte de poids, des sueurs nocturnes et une adénopathie inguinale gauche dont la biopsie a été réalisée dans un centre étranger, avec un diagnostic anatomopathologique de lymphome diffus à grandes cellules B CD 20+. Elle a commencé un traitement par radiothérapie dans la région de l'aine et une chimiothérapie métronomique au chlorambucil, avec une bonne tolérance. En novembre 2010, elle s'est présentée à notre clinique pour un contrôle et un suivi de la détérioration de son état général, ainsi que de l'apparition des mêmes symptômes. À ce moment-là, et compte tenu de la suspicion de progression, nous avons décidé de suspendre l'administration de chlorambucil et de réaliser un scanner du corps entier pour confirmer la situation oncologique.

Examen physique
Indépendant pour les activités de base de la vie quotidienne. ECOG-PS 2 (en raison de la sénilité), poids 48 kg, vit seul. Pas d'adénopathies périphériques au moment de la consultation, à l'exception d'une induration de la région inguinale gauche secondaire à la radiothérapie. PCA : normal. Abdomen normal. Présence de symptômes B.

Examens complémentaires
- Tomodensitométrie (janvier 2011) : grosses masses adénopathiques (jusqu'à 5,5 cm) dans le rétropéritoine, au niveau para-aortique gauche infrarénal et à l'origine iliaque commune, compatibles avec des adénopathies lymphomateuses. Hydrorétérohydronéphrose gauche modérée due à la compression urétérale par les adénopathies.
- Hémogramme : normal.
- Biochimie : fonction rénale et ions préservés. LDH 789 UI/l et bêta-2 microglobuline 6 mg/l.

Diagnostic
Lymphome diffus à grandes cellules B de haut grade CD 20+, non Hodking, en progression.

Traitement
Après l'arrêt du chlorambucil et compte tenu des résultats cliniques et radiologiques, il a commencé en décembre 2010 un traitement par chimiothérapie métronomique à base de cyclophosphamide à raison de 50 mg par jour par voie orale.

Évolution
La patiente a été revue après 3 semaines, présentant une amélioration significative de ses symptômes, ainsi qu'une excellente tolérance au traitement par cyclophosphamide.
Un scanner de réévaluation a été réalisé en mars 2011 : pas de signe d'adénopathie significative dans le rétropéritoine, le mésentère ou le bassin. Aucun signe d'uropathie obstructive. Aucun signe de lésions hépatospléniques. Pas d'ascite ni d'autres signes d'atteinte péritonéale.
Nous supposons une rémission complète selon les critères de CHESON. Trois mois après le début du cyclophosphamide, elle a développé une cellulite au niveau de la MID, qui a évolué favorablement après antibiothérapie.
À ce jour, la patiente continue d'être traitée par cyclophosphamide à la dose susmentionnée. Elle n'a pas présenté de toxicité, d'atteinte myélotoxique ou d'urotoxicité. Aucun ajustement de la dose n'a été nécessaire.
La patiente est actuellement âgée de 95 ans, continue d'avoir un PS 2 (en raison de la sénilité), a des tests sanguins normaux (y compris la bêta2-microglobuline et la LDH) et est asymptomatique. Aucune adénopathie périphérique n'est palpable à l'examen physique. Nous n'avons pas effectué de tests d'imagerie de réévaluation au cours des trois dernières années, compte tenu du bon état général de la patiente, de son amélioration clinique immédiate et durable et de l'approche palliative que nous mettrions en place en cas de nouvelle progression.