Anamnèse
Un homme de 44 ans, aux antécédents d'obésité morbide, chauffeur routier, qui s'est présenté aux urgences à plusieurs reprises pour un épisode de dorsalgie diffuse. Il se plaint depuis 4 mois d'une évolution progressive qui ne répond pas à l'analgésie de première intention. Elle signale une aggravation de son état général, ne supportant pas la position allongée.
Pas d'asthénie, pas de perte d'appétit. Pas de fièvre thermométrique. Pas de nausées, pas de vomissements, pas d'autres symptômes intéressants.
Lors de sa dernière visite au service des urgences, il a signalé une instabilité de la démarche associée à une douleur transfixiante interscapulaire.
Une angiographie par scanner thoracique a été demandée, qui a révélé un anévrisme de l'aorte thoracique de 4 x 5,5 x 4,3 cm distal par rapport à la sortie de l'artère sous-clavière gauche, qui a été évalué par le service vasculaire, qui n'a trouvé aucun signe de complication.
Elle est revenue aux urgences 7 jours plus tard avec une perte de force et une paresthésie dans les deux membres inférieurs, plus marquée à gauche, et un scanner du crâne a été réalisé, qui s'est avéré normal. En raison de la persistance des symptômes, la patiente a été admise dans le service de médecine interne pour étude, demandant une IRM dorso-lombaire.
Lors de la ré-histoire, la patiente a signalé une rétraction du mamelon gauche depuis 2 ans, raison pour laquelle elle avait consulté son médecin généraliste à plusieurs reprises, et qui n'a pas été considérée comme pathologique étant donné son obésité, et des mesures hygiéno-diététiques ont été recommandées pour son contrôle.

Examen physique
Examen neurologique : PINLA, MOEC, pas d'altération des nerfs crâniens. Paresthésies au niveau de l'abdomen et des deux membres inférieurs. Niveau médullaire sensible au niveau épigastrique. Perte de force 4/5 au membre inférieur droit et 2/5 au membre inférieur gauche.
Auscultation cardiaque : rythmée, pas de souffle.
Auscultation respiratoire : hypophonie généralisée sans bruits pathologiques ajoutés.
Abdomen : mou, globuleux, dépressible, pas de sémiologie ascitique, bruits hydro-aériques conservés, pas de signes d'irritation péritonéale.
Rétraction marquée du mamelon gauche. Pas d'écoulement mamelonnaire. Pas de télorragie ni de signes inflammatoires. Palpation d'un nodule rétro-aréolaire, pierreux, d'environ 4 cm de diamètre.
Aucun ganglion lymphatique d'importance pathologique n'est palpé dans aucune station lymphatique.

Examens complémentaires
- Angiographie par tomodensitométrie thoracique : les images ont été revues, montrant un nodule mammaire rétroaréolaire gauche de 4 cm de diamètre et une adénopathie axillaire gauche de 2,5 cm. Le nodule était visible plusieurs coupes en dessous de la limite caudale de l'anévrisme.
- IRM dorsolombaire : fracture pathologique à D5, masse des tissus mous et invasion du canal rachidien et foyer avec perte de signal à D4-D8-D11 et corps du sternum compatible avec de multiples métastases osseuses.
- Mammographie du sein gauche : nodule spiculé présentant des caractéristiques malignes. BIRADS 4.
- Scintigraphie osseuse : les images obtenues montrent l'existence d'une hypercaptation osseuse en D4-D5, D8, manubrium et corps sternal, située dans des lésions déjà décrites et connues antérieurement, associées à des métastases osseuses et à un écrasement vertébral dans le cas de D4-D5. Il y a également un foyer de captation dans le 6e arc costal postérieur droit et dans le 2e arc costal postérieur gauche.
- Biopsie mammaire : carcinome infiltrant dans le sein gauche avec des récepteurs RE+++, RP+++, HER2/neu négatifs. KI 67 30%.
- NFS : numération et coagulation sans altérations significatives. En biochimie, la phosphatase alcaline était de 120 UI/l, sans altération des taux de transaminases.
- Marqueurs tumoraux : normaux.

Diagnostic
Compression de la moelle épinière au niveau D5 due à une métastase du cancer du sein.

Traitement
Il reçoit une dose unique de radiothérapie (8 Gy) dans le segment vertébral de D3 à D7.
La chimiothérapie est entamée selon le schéma AC (adriamycine, cyclophosphamide).

Évolution
La patiente reçoit 6 cycles d'AC tous les 15 jours. La tolérance initiale était bonne, bien que les symptômes neurologiques aient progressé jusqu'à la paraplégie complète.
Le patient décide de ne pas poursuivre le traitement en l'absence d'amélioration des symptômes neurologiques.
Un mois après l'arrêt du traitement, les proches du patient ont signalé le décès de ce dernier à son domicile.
